Dimanche 3 février 2008
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notre article pour notre journal paroissial
A LA RENCONTRE DE L’EVANGILE EN TERRE SAINTE
A LA RENCONTRE DE L’EVANGILE EN TERRE SAINTE
Fouler la Terre Sainte le temps d'un pèlerinage, découvrir la terre natale de Jésus, marcher dans ses pas, redécouvrir la Parole, l'entendre comme si elle se faisait fraîche, nouvelle,
appelante pour nos vie. Lire la bible sur le terrain, affermir sa foi ; Vivre l'histoire des Hébreux dans le désert, l'appel des disciples au bord du lac de Tibériade, la vie de Jésus en
Galilée, sa passion à Jérusalem, sa résurrection. Aller à la rencontre des populations locales arabes, israéliennes et palestiniennes, leur parler et les comprendre. Prier avec des milliers de
frères du monde entier, voilà quelques raisons qui nous ont poussé à prendre notre bâton de pèlerins et à marcher dans ce si beau pays, sous la houlette du Père Ragon, du Père Roumieu et de
Azard notre chauffeur.
C'est sur les pas du peuple hébreux, dans le désert du Néguev que nous débuterons ce séjour. D'Arad, nous partons pour Beer Sheva où Abraham a séjourné, puis
le désert de Sin où passa Moïse et le peuple qu'il menait en terre promise. Au kibboutz de Sdé-Baker, nous visitons la maison de Ben Gourion fondateur de l'état d'Israel. Plus tard, nous
monterons à Mizpé Ramon à 1000m d'altitude ; la vue sur le désert est à vous couper le souffle, désert qui n'en est pas un, car dans cette terre de l'ancien testament il y a la vie, l'eau,
l'herbe, l’oiseau, le bouquetin et l'homme. Et nous redisons devant ces pierres «Le Seigneur est notre rocher»
Etrange pays où sur une longue route au milieu du désert on peut croiser une centrale atomique, de la vigne et des palmiers, des dromadaires en liberté ou semblant l'être, une bédouine en
longue robe noire gardant son troupeau de chèvres près de son petit village, aux maisons sans portes, une prison souterraine, un campement militaire. Et là haut dans le ciel, un ballon sondeur
nous surveille. Nous ne sommes pas loin de Gaza. C'est le désert où Abraham a marché pendant des milliers de kilomètres
Nous arrivons au bord de la Mer Morte magnifiquement turquoise ; nous sommes à 400m au-dessous du niveau de la mer, niveau le plus bas de la terre ! A Sodome nous
évoquons Loth et l'intercession d'Abraham pour les justes. Nous retiendrons deux paroles fortes. «Jésus est le seul
juste de l'humanité!» et «Notre vie est la caisse de résonance de la parole de Dieu». Après avoir rappelé le siège de Massada et pris un bain dans la Mer Morte très très salée
où nous flottons comme des ballons, nous allons dans un endroit magique où coule la cascade de David appelée aussi source du Chevreau. Là le futur grand roi d'Israël épargna le roi Saül. Le
lieu appelle à la paix.
Poursuivant la route nous arrivons à Jéricho, comme Moïse après 60 ans de marche dans le désert. Aux sons des fameuses trompettes ??? Non pas, car la ville est triste, sale, avec des maisons
trouées par des obus, des miradors de contrôle rappelant l’intifada. Nous remontons la vallée du Jourdain vers le nord, longue est merveilleuse étape, chemin naturel qui allait à Jérusalem et
que Jésus emprunta.
C'est à Nazareth que nous coucherons, - Nazareth la gardienne - où Jésus enfant fut gardé par Joseph et Marie. C’est une ville juive et arabe où nous arrivons au moment des 4 derniers jours du
Ramadan bien fêtés par les musulmans ; on y côtoie beaucoup de monde : Indiens, Japonais, Indonésien, Africains, Italiens, Américains. Les pèlerins ont répondu à l'appel. Aujourd'hui c'est
la journée du ministère galiléen de Jésus. Dans cette riche Galilée – La Galilée des nations - aux plaines fertiles où pousse eucalyptus, oliviers et bougainvilliers à
profusion, Jésus passa une grande partie de son enfance et de sa prédication. Avec lui, nous gravissons le mont des Béatitudes, nous l'écoutons nous dire que toutes les lois se
résument en une seule «Aimer Dieu et son prochain». A Tabgha, dans la petite église de la Primauté, nous nous rassasions, non pas des 5 pains et des 2
poissons, mais de l'amour dont Jésus a fait preuve pour une grande foule fatiguée et affamée. Avec lui nous longeons le lac de Tibériade, cette mer de Galilée que les
Israéliens appelle Kinnereth, - la petite lyre -. Nous faisons halte à Capharnaüm où, dans la synagogue et dans la maison de Pierre, Jésus lit et commente, enseigne, chasse les
esprits malsains, guérit les malades, institut les 12, commande à la mer, marche sur les flots, ouvre le territoire des païens à l'évangile. Jésus est avec nous dans la barque de notre vie et
c'est sur un bateau au milieu du lac que nous célébrons l'Eucharistie en le remerciant. La journée se terminera au bord des eaux vertes du Jourdain, où nous
évoquerons le baptême de Jésus venu rejoindre l'humanité pécheresse. Pour finir cette étape galiléenne, nous nous rendrons à Cana boire l'eau fraîche de l'évangile. Là, Marie
donne naissance à Jésus dans sa mission, là Jésus remplit les jarres du vin de l'amour...
Et puis nous visiterons Nazareth pour y découvrir la vie cachée de Joseph, Marie et Jésus dans ce petit village aux humbles habitations comme celle de la Sainte Famille. Dans
la basilique de l'Annonciation se trouve la grotte où Marie reçue la nouvelle de sa Sainte Maternité. Plus loin la fontaine de la vierge où elle allait puiser l’eau. Ce soir dans le ciel de
Nazareth où croit le premier croissant de lune, on entend les cloches sonner les six heures du soir, puis le muezzin appelle les musulmans à la prière. Quelle douceur dans la nuit étoilée de ce
mois d'octobre estival.
Nous reprenons la route au milieu des champs de coton, pour monter à Murhaqua sur le mont Carmel d'où on a une si belle vue sur la baie de Haïfa. Nous sommes venus à la
rencontre des prophètes et en particulier d'Elie, ce fou de Dieu à qui l'ange apporta le pain de vie, pain que nous partagerons dans la chapelle des Carmes. Après être montés, nous
descendons au bord de la grande Bleue pour visiter Akko (Saint Jean d'Acre) notamment ses magnifiques bâtiments datant de l'époque des croisés, et ses souks aux épices et
friandises alléchantes ! ......
Voilà que notre pèlerinage change de tonalité car nous allons monter vers Jérusalem dont le nom signifie - cité de la paix - ; et pourtant cette ville sainte
aux trois grandes religions monothéistes vit dans la guerre. Nous sommes en Judée et accédons en taxi au mont Thabor, pour nous rappeler que nous aussi sommes
en chemin de Transfiguration et que nous avons à rayonner à travers le monde pour transmettre la bonne nouvelle. Nous reprenons la vallée du Jourdain et entrons en Palestine par un checkpoint
obligatoire, pour faire halte à Jéricho surplombée par le mont de la Quarantaine ; nous relisons les évangiles de Luc sur la guérison de l'aveugle Bartimée, et des palestiniens
nous donnerons l'écorce d'un sycomore que Zachée rendit célèbre. Plus loin nous nous arrêtons à Qumram où furent trouvés les manuscrits des Esséniens ; nous sommes face à la
mer morte à 15km de la Jourdanie dans ces ruines bien mises en valeur, sous une grosse chaleur ; une dernière halte dans l’oued Telnous
permettra de méditer l'évangile du bon Samaritain qui est le Christ lui-même nous invitant à aimer notre prochain.
Et voici que nous arrivons à Jérusalem-est par le mont des Oliviers illuminé par le soleil couchant, ce chemin Jésus l'a souvent pris en venant de Jéricho ou de Béthanie
où vivaient ces amis Marthe, Marie et Lazare. Nous sommes très émus de marcher dans ses pas et frappés par la beauté de la ville enchâssée dans ses remparts comme une perle en son écrin «Je
t'ai établie lumière des nations païennes pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre». La réalité d'aujourd’hui est qu’il nous faut passer le mur - de la honte -
pour nous installer à Bethléem. C'est de nouveau sur le mont des Oliviers que continue notre pèlerinage; là se dresse la mosquée de l'Ascension endroit atteste depuis le 4eme
siècle. Dans ce jardin passa le cortège de l’entrée de Jésus à Jérusalem venant de Bethphagé, tout près... Au sommet se trouve l'église du Pater Noster construit au 4eme
siècle par Sainte Hélène pour commémorer l'enseignement du Notre Père. A l'ouest l'église du Dominus Flevit nous rappelle que Jésus pleura sur Jérusalem. Plus loin le pressoir
de Gethsémani, lieu de l'agonie, de la dernière nuit de Jésus. Empruntant la vallée du Cédron nous arrivons à St Pierre en Gallicante, lieu de la maison du grand caïphe. Dans
cette cour Pierre renia son maître 3 fois de suite ; là Jésus fut condamné.
C’est par la porte de Sion et dans le quartier juif de la vieille ville que nous pénètrerons dans Jérusalem en notre dernière journée ; nous déambulons dans les rues
tortueuses, belles et propres, bordées d'habitations, d'écoles et d'ateliers. Nous croisons de nombreux hommes en noir couverts de la kippa de fourrure dont s'échappent deux boucles longues de
chaque coté du visage. Comme nous, ils se rendent au mur des Lamentations que nous pouvons approcher après un contrôle très strict. L'ambiance y est joyeuse et priante car des
enfants accompagnés de leur nombreuse famille endimanchée viennent y célébrer leur Bar-Mitzvah qui fait d'eux des fils de l'alliance, des adultes dans la foi. L'esplanade du temple est un lieu
saint pour les juifs, les musulmans et les chrétiens ; son accès nous ayant été refusé, nous nous dirigeons vers le quartier chrétien pour marcher dans la via Dolorosa, dans
les pas du Christ courbé sous sa croix tout au long des différentes stations ; L’émotion est grande, les gorges sont nouées, les visages graves. Cependant nous nous trouvons dans le souk coloré
et bruyant, encombré d'une foule affairée. Et c'est presque avec soulagement que nous nous approchons de la basilique du Saint Sépulcre pour essayer de nous recueillir avec
ferveur en ces lieux très saints, où se trouvent : la roche du calvaire où a été plantée la croix, la pierre de l'onction où Jésus a été déposé de la croix et embaumé, le tombeau enfin où fut
placé son corps. Il est hélas très difficile de prier à cause du nombre faramineux de frères pèlerins du monde entier. Alors nous partons nous réjouir de la beauté de la très belle église
Sainte Anne construite sur le site de la maison d'Anne et de Joachim ; là, Marie grandit. Et puis nous retrouvons d'autres lieux rappelant les gestes d'amour de Jésus : La piscine de Bethseda
où Jésus guérit le paralytique ; le Cénacle, haute salle à la voûte gothique, lieu de la cène et du lavement des pieds.....
Trop vite avec tristesse, est ce besoin de le dire, nous quittons Jérusalem pour nous rendre à Bethléem qui veut dire - maison du pain - car le Verbe s'y est fait chair. Drôle de circonstance
du pèlerinage qui nous fait retrouver Jésus nouveau-né dans ce champ des bergers où est aménagée une grotte avec de très belles crèches artisanales. Nous nous ferons tout petits comme lui pour
passer la porte basse et étroite donnant accès à la basilique de la Nativité, ceci pour nous souvenir qu'une des vertus premières est l’humilité !!!
Nos dernières visites seront pour Ein Kareim où l'église Saint Jean Baptiste rappelle sa naissance, lieu de la visitation également où Marie nous invite à nous mettre en route. Avant goût de
notre retour en France, nous nous arrêtons en territoire français dans l'église des Croisés gardée par des Bénédictins, à Abou Gosh ; la rencontre d'Emmaüs se commémore dans ce lieu.
Comme ces disciples, nous ne repartirons pas intacts de ce pays car nous y avons rencontré des frères qui nous ont fait partager leur espoir de paix, nous y avons écouté la parole de Dieu dans
les lieux où Jésus nous l’offrit, nous y avons partage le pain et nous sommes revenus chez nous prêts à être des artisans d'amour et de réconciliation.
Shalom Israel.........
M.P. GROS
Nous vous convions à la rétrospective de notre voyage le dimanche 30 mars 2008 à 17h, à la salle Saint Martin de Thurins, http://pelerinage.israel.over-blog.com